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Dépression, maladie du siècle

Les enquêtes épidémiologiques indiquent que la prévalence de la dépression sur un an (nombre de sujets déprimés dans l'année) est de 5 à 6% ; sur la vie entière, 15% d'entre nous avons été, sommes ou serons touchés par un épisode dépressif.
Ceci ne concerne pas que les populations de pays dits développés, mais l'ensemble de la population mondiale avec un gradient Nord-Sud (tel qu'observé dans les pathologies dites à déterminisme complexe, par exemple les maladies cardiovasculaires).
Des descriptions d'états dépressifs existent dans les textes les plus anciens, et Hippocrate décrivait déjà la mélancolie.
Le nombre de cas de dépressions serait en augmentation depuis le début du XXème siècle, avec un début plus précoce au cours de la vie, et une fréquence accrue de pathologies associées tels l'abus d'alcool ou de toxiques : les sujets nés après la Seconde Guerre Mondiale présenteraient un risque accru de dépression comparativement à leurs ascendants.

   
Explications
La meilleure connaissance des pathologies dépressives aujourd'hui peut expliquer cette apparente augmentation ; les données seraient notamment biaisées en raison d'une plus grande facilité socioculturelle contemporaine à exprimer les émotions.
Le nombre de cas chez la personne âgée pourrait au contraire être sous-évalué : des études systématiques ont montré qu'aussi bien en institution qu'à domicile, plus d'un sujet âgé sur deux présente des symptômes dépressifs méconnus.
La dépression n'est donc pas une maladie propre à notre siècle ou réservée aux sociétés dites évoluées.