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| Antidépresseur : pilule du
bonheur ? |
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Depuis la médiatisation du Prozac®
(ISRS), à la fin des années 1980, les
antidépresseurs ont pu apparaître comme
les "pilules du bonheur". Présentant
moins de contre-indications et d'effets indésirables
que les antidépresseurs de première génération,
plus aisés à prescrire et à associer
à d'autres traitements, les ISRS ont ouvert la
perspective d'une amélioration "facile"
de l'humeur, relayée par de nombreux articles
publiés dans la presse spécialisée
et grand public.
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Mais le bonheur, état de la
conscience pleinement satisfaite, n'est ni le plaisir,
ni la joie, ni la satisfaction. Il n'est ni stable ni
permanent, et ne constitue pas un état de normalité
ne serait-ce que subjective. Ainsi, selon La Rochefoucauld,
"on n'est jamais si malheureux qu'on croit ni si
heureux qu'on avait espéré".
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De plus, si l'efficacité des
antidépresseurs a été démontrée
au cours des épisodes dépressifs, ils
s'avèrent inefficaces sur les formes mineures
de symptomatologie dépressive. Ils n'agissent
pas sur la tristesse normale, adaptée à
telle ou telle situation difficile ; et le retour à
l'humeur basale d'un sujet ne constitue en aucun cas
une accession au bonheur, même si la souffrance
psychique et la douleur morale présentes au cours
de l'épisode lui faisaient exprimer des sentiments
de profond "malheur".
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En conclusion
Les antidépresseurs ne sont donc pas des pilules
du bonheur. Ils constituent le traitement d'une maladie
et non le moyen d'accéder à un état
artificiel qui pourrait s'apparenter au bonheur.
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